Ce que devient ce que vous confiez à Lexou
Pour un professionnel tenu au secret, la question n'est pas seulement « est-ce utile ? » mais « où vont les informations de mes clients, et qui peut les lire ? ». Voici nos réponses, telles qu'elles sont aujourd'hui, sans rien arrondir.
1. Où se trouvent les données
Aujourd'hui, les requêtes adressées au moteur d'IA sont traitées aux États-Unis. Le passage à un traitement dans l'Union européenne (mêmes modèles, exécutés en Europe) est prêt dans Lexou : cette page l'indiquera dès qu'il sera activé.
2. Ce que devient ce que vous transmettez au moteur d'IA
- Pas d'entraînement. Les données transmises par l'interface professionnelle du fournisseur ne servent pas à entraîner ses modèles.
- Conservation limitée. Anthropic efface les requêtes sous 30 jours ; il ne les garde plus longtemps (jusqu'à 2 ans) que si ses contrôles automatiques les signalent pour violation de ses règles d'usage. Lexou n'a pas souscrit d'accord de « conservation zéro ».
- Masquage automatique dans les espaces professionnels. Avant l'envoi au moteur, Lexou remplace par des étiquettes ([PERSONNE 1], [SOCIÉTÉ 1]…) les noms précédés d'une civilité ou d'un titre, les sociétés, le client et la partie adverse déclarés dans un dossier de pièces, les personnes relevées dans les pièces, ainsi que les adresses électroniques, numéros de téléphone, IBAN, numéros de sécurité sociale, de carte bancaire et dates de naissance. La réponse revient avec ces étiquettes, que Lexou remplace par les vraies valeurs sur votre écran. Le masquage est activé par défaut ; vous pouvez le désactiver.
- Limites, dites franchement. Un nom écrit sans civilité et non déclaré n'est pas reconnu ; les adresses postales restent visibles, car elles servent aux recherches cadastre, urbanisme et risques. Les pièces que vous déposez (PDF, photos) sont transmises au moteur pour être lues : un fichier ne peut pas être masqué. Ne déposez que ce qui est utile.
3. Les lois étrangères à portée extraterritoriale
Anthropic, Amazon Web Services et Supabase sont des sociétés américaines. Même lorsque les données sont stockées ou traitées en Europe, une loi américaine à portée extraterritoriale (le « Cloud Act ») peut en théorie leur imposer de les communiquer à une autorité des États-Unis. Le guide du Conseil national des barreaux invite les avocats à en tenir compte dans le choix de leurs outils.
Nous ne prétendons donc pas à une « souveraineté » que nous n'avons pas. Ce que nous faisons : stocker en France, masquer par défaut ce qui identifie vos clients, ne transmettre au moteur que ce qui sert à la réponse, et vous laisser supprimer définitivement vos dossiers et vos pièces à tout moment.
4. Sécurité et maîtrise de vos données
- Échanges chiffrés (HTTPS) ; sessions par cookie signé, inaccessible aux scripts de la page.
- Cloisonnement par espace : chaque requête vérifie que le dossier ou la pièce appartient à l'espace connecté.
- Pièces conservées dans un stockage privé : aucun lien public, les fichiers ne sortent que par nos serveurs, après contrôle d'accès.
- Suppression définitive en un clic d'un dossier de pièces et de tous ses fichiers ; suppression d'un dossier à la demande.
- Lexou ne dispose pas aujourd'hui de certification de sécurité (ISO 27001, SecNumCloud). Nous préférons l'écrire que le laisser supposer.
5. La grille du Conseil national des barreaux : nos réponses
Le guide « La déontologie et l'intelligence artificielle » adopté par le CNB en mars 2026 propose d'évaluer un outil d'abord sur des critères techniques, puis déontologiques. Voici, point par point, où en est Lexou.
6. Ce qui reste votre responsabilité
Lexou prépare, recherche et rédige ; il ne signe rien et ne remplace pas votre analyse. Le guide du CNB rappelle que l'avocat vérifie systématiquement ce que produit l'outil et reste responsable de ses conseils, et qu'il informe son client dans les cas qu'il précise. Pour vous y aider, voici une clause d'information que vous pouvez adapter et insérer dans votre lettre de mission ou votre convention d'honoraires.
Le cabinet peut recourir, sous le contrôle constant de l'avocat, à des outils d'intelligence artificielle pour l'aider à rechercher, analyser et rédiger. Ces outils ne se substituent jamais à l'analyse de l'avocat, qui vérifie chaque résultat et demeure seul responsable de ses conseils et de ses actes. Les informations transmises à ces outils sont limitées au strict nécessaire ; les noms, coordonnées et identifiants sont, dans la mesure du possible, remplacés par des étiquettes avant tout traitement. Les données ne sont pas utilisées pour entraîner les modèles. Le client peut s'opposer à tout moment au recours à ces outils pour son dossier, sur simple demande.
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